STAGE DU 29 MAI

Le tango de bal ne se définit pas autrement que par marcher en abrazo. A regarder danser les anciens, ceux qui nous ont quitté comme ceux que nous avons encore la chance de croiser dans les milongas de Buenos Aires et avec qui nous pouvons danser et échanger, nous voyons que cet abrazo peut revêtir des formes différentes selon les personnalités des danseurs, ce qui paraît naturel. Mais tous ces abrazos se construisent à partir d’éléments fondamentaux communs qui traduisent avant tout une intention commune. L’abrazo du tango procède de l’embrassement chaleureux tel que le pratiquent les argentins dans la rencontre entre deux personnes qui veulent se montrer leur amitié. Mais il est également fonctionnel : il est une construction pour rendre la danse non seulement possible mais aisée, confortable. Et ici danse est synonyme de marche. L’abrazo procède de la marche et inversement. On ne peut séparer l’un de l’autre. C’est à partir du sol que j’ouvre les bras vers l’autre pour l’accueillir, et c’est à travers l’abrazo que je ressens la marche de l’autre et que je lui transmets la mienne.
Cette construction marche/abrazo à travers laquelle se dit mon intention de danse, on peut la voir comme ce que j’élabore à chaque instant dans la relation avec la musique et avec le/la partenaire. Cette intention en action, c’est la matière même de ma danse, de mon mouvement. Chaque pas est constitué de cette intention. C’est ce que j’échange avec mon/ma partenaire. Ce n’est pas quelque chose que je mets en place pour accéder à autre chose, c’est l’essence même du tango.