L’ABRAZO DU TANGO ARGENTIN EST UNE RENCONTRE


L’abrazo est une rencontre et non une forme. C’est le nom que se donnent deux intentions de danser ensemble qui se rencontrent. Ce n’est pas un câlin, et ce n’est pas non plus une prise de pouvoir. Il émerge non des bras, ni même du haut du corps, mais de toute l’organisation corporelle qui prend un appui ferme et dynamique dans le sol en y incluant l’autre-partenaire ainsi que les autres-partenaires du bal. Ceci n’est pas juste une façon de parler. Le comportement dans le bal trouve sa source dans la construction de la danse dès sa mise en place.

L’abrazo est une synergie. Cela signifie la rencontre de deux énergies. Moins ces énergies se contraindront l’une l’autre, plus elles seront libres, plus plaisante sera la synergie, le jeu des énergies l’une avec l’autre, dans un sens et dans l’autre, en un mot l’échange. L’abrazo, c’est deux énergies libres qui se répondent dans la musique.

Ces énergies sont libres parce qu’elles jouent ensemble, c’est-à-dire qu’elles sont constamment orientées l’une vers l’autre, qu’elles s’adressent constamment l’une à l’autre. Chaque initiative de l’homme s’adresse à la femme et la réponse de celle-ci de même s’adresse à l’homme. D’une certaine manière, mon centre inclut le centre de ma partenaire et réciproquement. A chaque instant l’homme ouvre un espace pour la femme par le mouvement de son centre et la femme remplit cet espace. Et c’est la musique qui fait naître et qui porte cette interrelation constante. Construire sa danse à partir des pas est une impasse dans laquelle on ne rencontrera jamais le tango.
Avec une pratique juste, à partir de son propre centre, le danseur ou la danseuse perçoit de mieux en mieux où se joue sa propre liberté de mouvement et donc la liberté de mouvement de sa ou de son partenaire. Et cette source est inépuisable.