Sur la question des codes, ou du comportement en milonga etc.

Les principes de la milonga sont simples et accessibles à tout le monde, même s’il est bon de les rappeler. Ils reviennent à : « maintenir la circulation du bal dans les meilleures conditions ».

Il faut surtout rappeler que danser le tango, c’est danser avec les autres danseurs dans la gestion commune de l’espace.

Mais tout le monde n’a pas la même compréhension de cette nature profondément sociale du tango. (Il y aura toujours des individualités rétives à la discipline collective.)

Et ici la responsabilité première est celle du « dueño ». D’abord par l’accueil puis par une attention au bon déroulement de la milonga.

Voici deux situations à Buenos Aires illustrant bien cette nécessité.  Le dueño concerné est celui de Cachirulo, le fameux Hector. Dans le premier cas, la piste était perturbée par un danseur  qui prenait beaucoup d’espace sans respecter celui des autres. Hors il s’agissait de celui qui est considéré par beaucoup comme le plus grand danseur de tango du monde. Hector lui fait des remontrances. Comme celui-ci le prend de haut (« Tu sais à qui tu t’adresses ? » etc.), il l’a purement et simplement viré. Environ trois ans plus tard, à « El Beso » : trois ou quatre danseurs dispersés, visiblement étrangers, incapables de se mettre à l’unisson de la milonga, désorganisent toute la ronde. Hector fatigué et souffrant est dépassé et n’intervient pas. Tout le monde se plaint. Ici intervient un autre facteur : la disparition graduelle des anciens capables de faire la police sur la piste comme cela a été évoqué par différents commentaires sur le sujet.

Quant à la responsabilité des profs, elle existe mais elle n’est pas de même nature : les accidents de la route ne sont pas imputables aux auto-écoles. Encore faut-il savoir ce qui est enseigné. Le tango ne s’apprend pas dans les cours ; on n’y apprend que des préalables. Savoir danser, c’est savoir danser en bal, savoir gérer la piste. Il faut être très clair sur ce qui anime notre danse. Le cours doit être orienté dans cette perspective, et non pas dans la perspective d’une (pseudo) danse de démonstration. Il se trouve, par exemple, qu’apprendre à danser avec le coude en l’air n’est pas un bon préalable. Marcher avant la partenaire n’est pas un bon préalable. Danser avec les yeux aux sols n’est pas un bon préalable. Etc. Il est donc indispensable que les profs aient une expérience mûrie du bal, c’est une évidence.

La conclusion appartient à tout le monde : qu’est-ce que je viens faire à la milonga ?